Une petite bête file le long du mur du garage, ou des crottes apparaissent près d'un sac de graines : mulot maison, souris ou musaraigne ? La réponse tient à quelques détails que vous pouvez observer vous-même. Le mulot se reconnaît à son dos fauve et à son ventre blanc, la musaraigne à son long museau, la souris à son gris uniforme. Selon l'animal, l'inquiétude est très différente, et les gestes à adopter aussi.
Reconnaître un mulot au premier coup d'œil
Le mulot est un rongeur des champs et des jardins. Son dos est fauve, son ventre blanc, et la séparation entre les deux couleurs est nette, comme tracée à la règle. Il a de grands yeux, de grandes oreilles et de longues pattes arrière. Il ne faut pas le confondre avec le rat taupier, autre rongeur du jardin, qui vit dans des galeries et s'attaque aux racines.
Ces pattes expliquent sa façon de se déplacer : il ne trottine pas, il avance par bonds. Sa queue est longue, ce qui peut tromper si vous ne l'apercevez qu'une seconde, par exemple en ouvrant la porte d'une cave.
Si vous parvenez à le voir de près, retenez surtout le contraste du pelage et la taille des oreilles. Ces deux détails suffisent le plus souvent à trancher.
Mulot et souris, ce qui les sépare
La souris domestique porte un pelage gris uniforme, sans ventre blanc tranché. Ses yeux sont plus petits que ceux du mulot, et elle n'a pas cette allure de sauteur. Le lieu où vous l'observez en dit autant que son aspect.
Une souris s'installe dans le logement toute l'année, au plus près de la cuisine. Le mulot, lui, reste souvent dans les pièces qui donnent sur le jardin. Pour comparer rapidement :
- Pelage : fauve avec un ventre blanc pour le mulot, gris d'un seul ton pour la souris.
- Yeux : grands chez le mulot, plus petits chez la souris.
- Déplacement : le mulot avance par bonds, grâce à ses longues pattes arrière.
- Lieu : le mulot fréquente les pièces ouvertes sur le jardin, la souris vit au cœur du logement, près de la cuisine.
- Saison : le mulot arrive surtout à l'automne, la souris est présente toute l'année.
Un indice de lieu ne remplace pas l'observation du pelage, mais il oriente. Un animal vu chaque semaine dans la cuisine, en plein hiver, a toutes les chances d'être une souris.
Pourquoi le mulot entre à l'automne
Quand la saison fraîche approche, le mulot cherche deux choses : de la chaleur et des réserves. Les garages, les caves, les abris de jardin et les combles lui offrent les deux. Il y fait des stocks de graines, de noisettes et de glands.
Un sac de semences entamé, un bac de croquettes mal fermé ou un tas de noix oublié dans un coin deviennent alors une invitation. L'animal s'en sert comme garde-manger, et il le remplit lui-même s'il trouve de quoi.
Si l'observation montre finalement une souris, la situation change, puisqu'elle s'installe durablement au cœur du logement. La page consacrée à l'intervention ciblée contre la souris détaille cette autre configuration.
La musaraigne dans la maison, un autre cas
Ce n'est pas un rongeur. La musaraigne est un insectivore : elle se nourrit d'insectes, de limaces et de vers. Son museau très long et pointu la distingue au premier regard, avec ses yeux minuscules et ses oreilles presque cachées dans un pelage velouté.
Elle entre le plus souvent par hasard, ou parce que le chat l'a rapportée. Elle ne s'installe pas. Elle ne ronge ni les câbles ni les denrées, donc elle ne cause pas les dégâts que l'on redoute d'un rongeur. Son odeur musquée peut en revanche vous alerter dans la pièce où elle s'est réfugiée.
Aucun stock de graines n'est à attendre de sa part. Si vous trouvez des céréales grignotées ou des réserves cachées, la musaraigne n'y est pour rien : pensez plutôt au mulot ou à la souris.
Faire sortir une musaraigne sans la blesser
Certaines espèces de musaraignes sont protégées, et il est difficile de les identifier sur le moment. Dans le doute, on ne piège pas et on n'empoisonne pas : on fait sortir l'animal. Les appâts raticides n'ont d'ailleurs aucun intérêt ici, puisqu'elle ne mange pas de céréales.
Le plus simple est d'ouvrir une porte donnant sur l'extérieur le soir et de laisser l'animal trouver la sortie. Si elle reste dans la pièce, il faut la reconduire dehors à la main, sans la brusquer. Voici l'ordre des gestes :
- Éloigner le chat de la pièce et ouvrir la porte sur l'extérieur.
- Poser une boîte sur l'animal s'il ne sort pas de lui-même.
- Glisser un carton sous la boîte pour la fermer.
- Porter l'ensemble dehors avec des gants, puis relâcher la bête.
Les gants vous évitent de toucher l'animal à mains nues. Une fois dehors, il n'y a rien d'autre à faire.
Empêcher le mulot de s'installer
Contre un mulot, deux leviers comptent : retirer ce qui l'attire, puis fermer ce qui le laisse entrer. Commencez par la nourriture, car c'est elle qui le retient chez vous.
- Rangez graines, croquettes et semences dans des boîtes bien fermées.
- Ne laissez pas traîner noisettes ni glands dans le garage ou l'abri.
- Vérifiez le bas de la porte de garage.
- Protégez les aérations par un grillage.
- Refermez les passages de tuyaux.
Pour aller plus loin sur les ouvertures, la page qui explique comment préparer une obturation durable des passages vous aidera à choisir quoi fermer en premier.
Si, malgré ces précautions, l'installation dure, des pièges mécaniques deviennent justifiés. Ils concernent le mulot, jamais une musaraigne, que l'on laisse repartir.
Quand faire venir un professionnel
Faites venir une entreprise spécialisée si les crottes se renouvellent chaque jour : c'est le signe que l'animal est bien là et qu'il revient. Faites-le aussi si le doute persiste entre le mulot et la souris, car la bonne méthode dépend de l'espèce en cause.
Pour que le professionnel comprenne bien la situation, décrivez ce que vous avez constaté :
- l'aspect de l'animal : couleur du dos et du ventre, taille des yeux et des oreilles, forme du museau ;
- sa façon de se déplacer, par bonds ou en trottinant ;
- les pièces où vous l'avez vu ou où vous trouvez des crottes ;
- le rythme auquel ces crottes se renouvellent ;
- ce qui est stocké à proximité et les accès que vous avez repérés.
Précisez enfin si un chat vit chez vous et s'il rapporte parfois des proies : cela peut indiquer une musaraigne de passage plutôt qu'un occupant permanent.
